RAVINES GLACIAIRES, RAVINS TORRENTIELS ET RAVINEMENTS D'EROSION REGRESSIVE
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Réponse au sceptique

Comment peut-on être sûr de quelque chose dans cette vie ? La seule chose dont on puisse être certain, c'est qu'elle finira un jour.....

Mais si vous vous contentez d'une probabilité raisonnable, lisez ce qui suit

Il faut en effet bien distinguer ces formes d'érosion les unes des autres.
Ceci est relativement facile si l'on applique des critères de reconnaissance déduits de leurs modes de formation différentes que nous exposerons en conclusion de cette page.

Distinguons tout d'abord les ravines glaciaires des ravins torrentiels.


LES RAVINES GLACIAIRES


Les ravines glaciaires - nous l'avons dit, il faudrait ajouter l'adjectif latérales, mais nous ne le ferons pas ici pour simplifier - sont dues, selon nous, à l'écoulement des eaux glaciaires issues de la fonte, soit de la glace du front d'un glacier de faible longueur empruntant un col de diffluence, soit, lors du recul des glaces, de celle d'un petit front glaciaire transitoire sstationnant quelque temps sur un épaulement de la vallée principale. Nous en avons donné plusieurs exemples à la page les ravines.

Ces ravines glaciaires ont pu subsister jusqu'à nos jours car elles ont été, après le recul des glaces, protégées de l'érosion postglaciaire par leur proximitéde du col de diffluence ou de la crête de l'épaulement. L'espace disponible pour un bassin de réception était donc peu important, ce qui a réduit à peu de chose l'érosion par les eaux courantes.


Les ravines de diffluence situées sous le col de la Madeleine (Savoie).......

...... et celles d'épaulement sous le chalet d'Arceni,vallée du Poncellamont (Beaufortain, Savoie).


Ces deux exemples de ravines glaciaires illustrent bien deux particularités de cette forme de relief : absence de bassin de réception et sommets des ravines culminant à courte distance sous le col de diffluence ou sous la crête de l'épaulement.


LES RAVINS TORRENTIELS


Les ravins torrentiels, plus répandus et bien connus, résultent de l'action des eaux météoriques tombant sur un bassin de réception et collectées dans un canal d'écoulement avant de s'étaler sur un cône de déjection.

En voici un bel exemple, le torrent des Horts, rive gauche de la Durance, en face d'Embrun
(Hautes-Alpes)

C'est un cas d'école, un exemple parfaît de torrent avec ses trois éléments caractéristiques :
-- le bassin de réception, qui reçoit les eaux météoriques
-- le canal d'écoulement
-- enfin le cône de déjection, limité, à sa partie inférieure, par un abrupt dominant le lit de la Durance.


On pourrait effectivement craindre de confondre une ravine glaciaire avec un canal d'écoulement de torrent.

Mais la différence dans les modes de formation de ces deux formes d'érosion que nous venons de rappeler montre que les ravines glaciaires, alimentées en eau dès le front du glacier, culminent à peu de distance en dessous du col de diffluence ou de la crête de l'épaulement et qu'elles ne sont pas précédées d'un bassin de réception.

Ce bassin est, par contre, toujours présent à l'amont d'un canal d'écoulement de torrent. De plus,
ce canal prend naissance, non pas au sommet de la pente, mais à la partie inférieure du bassin de réception. Ceci permet donc de distinguer facilement les deux formes d'érosion.

Autres exemples de torrents

Examinons à présent le cas des ravinements dûs à l'érosion régressive.

LES FORMES D'EROSION REGRESSIVE

Rappelons tout d'abord que ce type d'érosion prend naissance à partir d'une rupture de pente et qu'il progresse vers le haut à partir de celle-ci. L'érosion régressive se révèle beaucoup plus rapide que l'érosion classique qui, elle, agit dans le sens descendant.

L'érosion régressive peut s'exercer dans le lit d'un ruisseau ou d'un torrent, siège d'un ruissellement concentré. Elle résulte alors en général d'un abaissement du niveau de base, qui lui-même peut avoir plusieurs origines, par exemple :
-- baisse du niveau d'un océan, dans le cas de rivières ou de fleuves qui s'y déversent (par exemple la gigantesque érosion régressive qui a affecté les lits du Nil et du Rhône lors de la vidange partielle de la Méditerranée au Messinien (paroxysme entre 6 et 5.3 millions d’années).(voir à ce sujet http://www.mnhn.fr/mnhn/geo/messinien.html ).

-- vidange totale ou partielle d'un lac, en particulier d'un lac glaciaire. L'érosion régressive peut prendre alors naissance à la partie haute du talus de progradation (foreset beds) lorsque celle-ci apparaît à l'air libre.

D'autres érosions régressives, que l'on rencontre surtout dans des terrains fragiles, ne sont pas alimentées par un cours d'eau mais par un ruissellement diffus, c'est-à-dire directement par les eaux météoriques. Elles prennent naissance à une blessure du terrain, parfois de faible importance - chute d'un arbre, ouverture d'une piste - et disproportionnée avec l'étendue de l'érosion qu'elle entraîne.

C'est le cas de cette érosion régressive rive droite du Doron de Pralognan, sur Chambéranger (Savoie).

Une forme particulière d'érosion régressive est constituée par les lavaka, qui affectent principalement les terrains dépourvus de végétation:

Lavaka à Madagascar, sur la route d'Ambohiby.

 

 

http://pageperso.aol.fr/Mahagagamada/lavaka.html

Lavaka (érosion régressive) dans des badlands.

 

 

www.geomorphologie.revues.org

Dans ce cas, l'érosion régressive s'exerce en plein versant, et ne provient pas d'un écoulement torrentiél.
Les lavaka peuvent présenter diverses formes : ovoîdes, piriformes ou dendritiques.


EN CONCLUSION

En conclusion, la présence ou l'absence de bassin de réception permet de distinguer les ravins torrentiels des ravines glaciaires, de même que leur situation en plein versant ou au contraire sous un col ou un épaulement.

Ce même critère de situation permet de distinguer également les ravines glaciaires des formes due à l'érosion régressive
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