LES ENSEIGNEMENTS
DU NERON
LES GLACIERS DU VERSANT SUD DE LA CHARTREUSE
104
Voir la tectonique du Néron :Situons tout
d'abord les lieux, c'est à dire la partie ouest de l'ombilic
grenoblois.
SITUATION
DU NERON DANS L'OMBILIC GRENOBLOIS Sentinelle
avancée du massif de la Chartreuse
vers le sud, le Néron constitue
la porte de la cluse de Voreppe par laquelle
les glaces de l'Isère s'échappaient
de l'ombilic de Grenoble.
Il joue le rôle d'un de ces jalons que la DDE plante en hiver
sur le bord des routes de montagne et qui indiquent l'épaisseur
de neige.

Ici, c'est le passage des glaciers qui a laissé sur cette montagne
des traces particulièrement visibles.
![]() |
|
![]() |
Ce changement d'aspect aux environs de 1100 m est plus visible encore sur cette photo.
|
|
Cette photo du Néron, prise des
environs de Grenoble, précise
mieux la forme de l'arête sud que les précédentes,
prises depuis Saint Nizier, à
peu près dans le prolongement de celle-ci. On voit que l'arête présente deux épaulements : - l'un vers 1100 m, sommet de la partie émoussée de l'arête. - l'autre, beaucoup plus marqué, sensiblement horizontal, de 1007 à 1020 m. |
Comment ces
points remarquables se placaient-ils par rapport au glacier
würmien ?
__________________________________
LE
GLACIER WÜRMIEN
|
Sur
cette carte des environs du Néron
sont figurées les courbes de niveau du glacier würmien.
Les flèches indiquent le sens d'écoulement des glaces
dans les vallées.
|
On
sait que nous attribuons la formation des épaulements
à l'action des eaux glaciaires latérales
qui coulaient 100 à 150 m sous la surface.
Leur responsabilité dans la formation
de cet épaulement nous paraît donc très probable, d'autant
plus que cette zone voyait passer la majorité des eaux glaciaires du
glacier de l'Isère, une grande partie
des eaux de la rive gauche étant repoussées
vers la rive droite,
au travers de l'ombilic grenoblois,
par l'afflux des glaces de la Romanche.
Mais, si notre hypothése est exacte, ces ecoulements ont dû laisser
des traces dans la face ouest du Néron.
Or c'est bien le cas, ainsi que le montre la page Les
ravines du Néron.
Ceci
constitue une confirmation supplémentaire de nos hypothèses,
mais n'apporte pas vraiment d'éléments nouveaux.
Il n'en est pas de même lorsqu'on considère la situation pendant
la glaciation rissienne .
_____________________________________________________________
LE GLACIER
RISSIEN
![]() |
Voici à présent
le tracé des glaciers rissiens dans
la partie sud de la Chartreuse. A l'aplomb du col de Vence, l'altitude de surface du glacier de l'Isère était, nous l'avons vu, de 1360 m et à celui de Saint-Egreve de 1220 m. Entre ces deux valeurs, nous avons déterminé les cotes de surface du glacier à l'intérieur de la Chartreuse, par interpolation, avec une correction tenant compte de la largeur et de la profondeur des vallées ; les cotes de surface indiquées par la figure dans cette zone ne sont donc qu'approximatives et peuvent être entachées d'une erreur qui nous semble toutefois devoir ètre inférieure à 20 m (en plus ou en moins). Si cette figure est nécessaire pour comprendre la marche des glaciers, la réalité, illustrée par la figure suivante, se présentait de façon quelque peu différente ! |
![]() |
Pratiquement
tout le sud du massif était noyé sous les glaces. Qu'en était-il du Néron ? |
![]() |
Ce dessin à l'échelle montre celui-ci vu de l'est et la surface du glacier telle qu'elle résulte des valeurs d'altitude ci-dessus. On voit que l'imprécision dans la définition de l'altitude de la surface du glacier ne permet pas de savoir si, au maximum de la glaciation, le sommet émergeait ou non. Mais
l'examen du versant ouest de la montagne, résumé à
la page Les ravines
du Néron montre que le sommet a bien été surmonté
par le glacier. |
![]() |
La ligne bleue reliant le sommet du Saint Eynard à celui du Néron représente la surface du glacier rissien. Un effet de perspective semble la faire descendre de l'aval vers l'amont alors que, bien entendu, la réalité était inverse. |
![]() |
Trois kilomètres
en aval du Néron, l'arête des
Rochers de l'Eglise, ascendante depuis la plaine
de l'Isère vers les Rochers
de Chalves, porte un épaulement,
long de 800 m, entre les altitudes 1260 et 1280 m. L'altitude de la surface du glacier rissien, supérieure de 50 m au sommet d'épaulement, devait donc être voisine de 1330 m, valeur parfaitement compatible avec celles qui figurent sur le croquis ci-dessus. Plus haut sur cette arête, un gigantesque tassement de versant l'a amputé, sur 2000 m de longueur, de son Urgonien, que l'on retrouve 300 m plus bas, immobilisé dans la pente qui domine Pomaray. |
CONCLUSION
L'examen du Néron
nous paraît mettre en évidence le rôle important joué
par l'érosion glaciaire dans la formation du relief.
Il nous semble possible
de répéter ce que nous disions au sujet du Saint
Eynard "Pour
que l'arête sommitale du Saint Eynard - et, à un moindre degré,
celle du Néron - soit à la fois située dans une même
strate et dans le plan de surface du glacier, il faut que l'action glaciaire
ait exercé, non seulement un "rabotage" de cette arête,
mais encore soit responsable de de sa situation en plan.