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On admirera la forme parfaitement circulaire du lobe représenté à droite,
qui a pu s'étaler librement sur le sandur
de sa plaine de piémont.
Il
y a mieux, peut-être, sur Mars
!
Pour déterminer le tracé, au maximum de la glaciation
rissienne, du lobe du glacier de l'Isère
dans sa plaine de piémont, en particulier dans
la Bièvre, il n'est pas possible d'effectuer
un calcul théorique, car on s'écarte des hypothèses utilisées dans celui-ci.
On ne peut, d'autre part, utiliser comme modèles des glaciers alpins actuels,
car aucun d'eux ne présente de lobe terminal
assez développé.
Nous nous servirons donc comme termes de comparaison de glaciers septentrionaux
actuels de caractéristiques aussi proches que possible de celles du glacier
rissien de l'Isère,
c'est-à-dire présentant :

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-- Premier cas : Enserré entre les parois de sa vallée, le glacier peut y « mourir », sans former de lobe. Sa surface revêt alors une forme du type de celle repérée 1 sur le graphique Lorsque la vallée est assez large, cette forme est celle que la formule permet de calculer ; lorsque elle est plus étroite, l'allure générale est la même mais les pentes sont plus élevées -- Deuxième cas : le glacier parvient jusque dans sa plaine de piémont, où il s'étale en lobe, rien ne venant gêner la formation de celui-ci. Nous dirons que ce lobe n'est pas confiné et, dans ce cas, la forme de sa surface, nettement moins pentue que dans le cas précédent, est repérée en 2 sur le graphique -- Troisième cas : Au sortir de la vallée, des reliefs - ou encore la présence d'un glacier coalescent - dans la plaine de piémont, viennent gêner l'expansion de notre lobe, le confiner. Dans ce cas intermédiaire, la surface prend alors une forme intermédiaire entre les deux précédentes, repérée 3. |
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L'angle A que forment les deux parois de la vallée caractérise le confinement : plus cet angle est aigu, plus le lobe est confiné et plus ses pentes seront fortes. Ces considérations ne sont pas théoriques, c'est l'observation des glaciers septentrionaux qui nous a permis de les formuler, ainsi que nous allons le voir. |
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L'Eidembreen (Spitzberg).
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Cote sud de l'Alaska, le glacier Bering ...............
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QUELQUES GLACIERS SEPTENTRIONAUX
Les schémas qui suivent ont été tracés à l'échelle, mais cette échelle diffère de l'un à l'autre.

Le Skeidararjökull (Islande).
Son lobe est peu confiné et ne s'avance que de quelques kilomètres sur son sandur.

Le Sidujökull, également situé sur la côte sud de l'Islande,
pénetre d'une dizaine de kilomètres dans la plaine ; il est confiné sur
sa rive gauche, d'où sa forme quelque peu dissymétrique.

Avec l'Eidembreen, dont nous avons montré ci-dessus une carte détaillée, nous voici au Spitzberg.
Son lobe dépasse de 4 à 5 km dans la plaine, mais ne parvient pas tout à fait jusqu'à l'océan.

Le Veteranen, au lobe très réduit......................................
Outre le Bering, la côte sud de l'Alaska nous présente le plus intéressant de tous les glaciers septentrionaux, le Malaspina, dans le Parc National du même nom.
De curieuses vues du Malaspina sont visibles à la page Le glacier Malaspina .
Ainsi que nous le verrons, ses dimensions sont sensiblement les mêmes que celles de notre glacier rissien de l'Isère.

Le Malaspina présente un lobe presque parfait, légèrement plus large que long - si l'on peut dire - du fait de la légère pente du sandur sur lequel il s'avance.
Nous avons tracé les courbes représentatives de la surface des lobes terminaux de ces différents glaciers.

On constate que les pentes des lobes sont d'autant plus faibles que leurs angles de confinement sont importants.
Le Malaspina, qui n'est pas confiné, est celui qui présente les pentes les plus douces.
A l'exception du Skeidararjökull, tous les glaciers ont des pentes inférieures à celles que l'on peut calculer l'aide de la formule.
Ceci est dû, bien entendu, au fait que le confinement est maximum dans
le cas d'une vallée aux versants parallèles, mais également peut-être
au fait que le « bombé » d'un lobe glaciaire varie avec l'importance du débit : le lobe «gonfle» lors des poussées glaciaires et «s'aplatit » lorsque le débit du glacier diminue.
Or les glaciers d'Alaska semblent actuellement se trouver dans une phase de retrait.
Dans le cas extrême d'un net recul du glacier, le lobe disparaît et est remplacé par des digitations.
Voir à ce sujet la page Digitations
où l'on trouvera des photos de langues glaciaires remarquables.
La formule, nous l'avons dit, est, par contre, utilisable en régime établi, stable, ce qui est le cas du pléniglaciaire.
En amont du lobe,
la pente s'accentue lorsqu'on parvient dans la vallée d'où provient la
glace, la courbe représentative ayant alors tendance à rattraper la
courbe calculée. Ceci est particulièrement remarquable dans le cas du
glacier Malaspina.
