Rappelons que l'on appelle diffluence
le flot de glace qui, empruntant un point bas d'une des rives d'un
glacier - un col, par exemple - se déverse dans une vallée voisine.
Ne pas confondre avec une défluence, terme utilisé dans l'étude des réseaux fluviaux pour désigner une bifucation de riviére, telle celle du Petit et du Grand Rhône à leur arrivée en Camargue.
Plusieurs cas peuvent se présenter :

![]() |
La différence des pentes sur les deux versants du col est bien visible sur cette photo. |
LES DIFFLUENCES DU SEUIL BAYARD
|
![]() |
Voici un croquis représentant la diffluence du glacier de la Durance au-dessus du Seuil Bayard, pendant le Würm. Le glacier diffluent rejoignait celui du Drac, emportant au passage le petit appareil de la Rouanne. La belle moraine de Coste Longue n'a pu se déposer qu'après le début du recul des glaces. Le phènomène était encore plus marqué au Riss et le glacier du Drac, grossi de le diffluence durancienne, rejoignait celui de l'Isère à Grenoble. Plus amples détails à la page Le glacier du Drac |
LA DIFFLUENCE WÜRMIENNE DE LAFFREY
Les lacs bien connus de Laffrey se situent entre les moraines des stades würmiens de retrait du glacier de la Romanche diffluant au-dessus du rebord de la vallée de la Romanche (plus de détails sur la page les lacs glaciaires). La moraine qui porte le village de Pierre-Châtel marque l'avancée extrême de la diffluence wûrmienne dans la Mateysine et son altitude est 956 m. L'application de la formule théorique conduirait à une cote de surface du glacier de 1350 m sur le rebord de la vallée de la Romanche, en réalité un peu plus, compte tenu de la largeur relativement faible (2 km) de la Mateysine. Ce résultat est bien compatible avec l'altitude des sillons rocheux des Rochers du Chatelard (1400 m), un plus en amont. Elle est également compatible avec la diffluence du col Luitel - altitude du col 1253 m - de l'autre coté de la vallée. |
LE CAS DU COL D'ORNON |
![]() |
Le col d'Ornon (Isère),
paraît faire exception à la régle énoncée plus haut, selon laquelle les
versants amont et aval d'une diffluence présentent des pentes
différentes. Ici, sous le remplissage des alluvions postglaciaires, les
deux versants du col sont sensiblement symétriques. Ceci nous semble dû au fait que le sens d'écoulement des glaces variait, selon nous, avec les glaciations. Il est connu en effet que, durant le Würm, le col était parcouru, du nord vers le sud, par une diffluence du glacier de la Romanche en direction du Drac. Au Riss, l'étude des sites caractéristiques des environs nous amène à penser que la diffluence, alimentée au passage par le glacier du Rochail, devait, au contraire, s'écouler en sens inverse, du versant Drac vers la Romanche. Sur cette lancée, on peut estimer probable que l'écoulement des glaces se faisait dans le sens Romanche-Drac au pléniglaciaire des grandes glaciations et en sens inverse au début et à la fin de chaque glaciation ainsi qu'au pléniglaciaire des moins importantes, au Würm par exemple. De ces deux écoulements en sens inverse résulte le profil en long symétrique des deux versants du col. Plus de détails à la page Drac La photo montre le versant Romanche du col. |
LES DIFFLUENCES DE SAINT-NIZIER-DU-MOUCHEROTTE ET DE MONTAUD |
|
Enfin, les diffluences de Saint-Nizier-du-Moucherotte et de Montaud, toutes deux situées dans la partie inférieure du glacier de l'Isère, méritent une présentation détaillée, car elles présentent un intérêt supplémentaire : leur étude permet - une fois n'est pas coutume - de distinguer clairement les actions des glaciers würmien et rissien. Nous renverrons le lecteur particuliérement intéressé aux pages Les diffluences de Saint-Nizier-du-Moucherotte et Les diffluences de Montaud |