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Voici le profil caractéristique d'une vallée glaciaire dont l'auge peut présenter une section en U ou en V.
Des sommets latéraux de la vallée descendent vers le talweg des arêtes, plus ou moins inclinées, qui comportent parfois des parties en pente plus douce que le flanc d'auge.
Ce sont les épaulements, séparés du flanc d'auge par le rebord d'auge.
Lors du pléniglaciaire la surface du glacier se situait à quelques dizaines de mètres au dessus du sommet des épaulements et non au niveau du rebord d'auge, comme on le pense souvent. Le fait est attesté par la présence quasi générale sur les épaulements de
dépôts morainiques, de roches moutonnées, de stries et de sillons
marginaux d'épaulement.
Pour permettre le traçé de cartes et de graphiques, nous avons adopté la valeur de 50 mètres dans le cas du Wûrm et du Riss.
Au dessus du rebord d'auge, la glace s'élevait à une hauteur plus variable (souvent 100 à 150 m).
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Notons que les épaulements sont toujours sensiblement perpendiculaires au talweg de la vallée.
Dans le cas contraire, c'est qu'ils ont été sculptés par un flux de glace distinct de celui du glacier de vallée (une diffluence, par exemple, ce qui est le cas, entre autres de ceux du col de Merdaret).
Il existe deux types d'épaulements, tous les deux représentés par le croquis ci-dessus.
I
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Illustration parfaite
d'épaulements du premier type, la vallée de la Malsanne
(Isère) avec le verrou de la Barrière,
porte d'entrée dans l'ombilic du Valbonnais.
En toile de fond, dans le ciel, se dresse le horn
de l'Obiou. |
Un autre exemple, particulièrement éloquent, le versant nord du col
du Glandon (Savoie).
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Nous sommes ici sur la route qui descend la vallée du Glandon
vers celle de l'Arc.
La vallée affluente, en face de nous, est la Combe
de la Croix, qui draine le versant nord des Aiguilles
de l'Argentière ( les sommets de gauche ).
La vallée principale, celle du Glandon, était
parcourue par un important glacier, provenant du massif des Grandes
Rousses via une diffluence
passant par le col du Glandon. La glace s'écoulait
de gauche à droite de la photo selon la flèche bleue.
La forme en U de la vallée affluente, avec ses flancs
d'auge et ses épaulements est bien
visible.
A la base des falaises des Aiguilles de l'Argentière,
nous avons trouvé des stries glaciaires,
preuve, si nécessaire, que la glace dépassait légèrement ce niveau.
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Enfin un dernier exemple d'épaulements du premier type.
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Dans la vallée de l'Eau d'Olle (Isère), entre Allemont et le Rivier d'Allemont,
le profil caractéristique peut s'observer sur sept arêtes de la rive
droite, les arêtes de Rif Premier, des Rochailles, de Mal Pourchie, la Pessée et de la Suif (cinq d'entre elles sont visibles sur cette photo).
Entre ces arêtes, l'appareil de l'Eau d'Olle n'a pu sculpter une auge caractéristique, du fait des glaciers affluents
qui empruntaient les vallons ( flèches blanches ).
Image Google Earth
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Dans le second type, l'épaulement est limité, coté vallée, par une bosse.
Il semble que cette forme soit liée à la présence, à cet endroit, d'une strate de roche plus résistante à l'érosion et qui reste en saillie.
L'érosion qui l'a dégagée peut s'être exercée durant la glaciation elle-même ou bien après celle-ci.
La nature des roches, leur résistance à l'érosion joue, bien entendu, un rôle indéniable. Les glaciers ont sculpté dans les roches, selon leurs modalités propres d'érosion et leur altitude, en utilisanr la résistance de celles-ci.
Schématiquement, on peut dire que :
La nature des roches est le facteur principal qui détermine la forme des épaulements et leur position en plan. alors que l'érosion
glaciaire est responsable de leur altitude et que le relief au dessus de la surface du glacier respecte les plans d'épaulement ou, au contraire, les découpe en épaulements successifs..
Autres exemples d'épaulements