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Dans
cette région, nous disposons des cinq sites suivants :
1- Les Prairies de l'Alpe (site BD 10, altitude 1850 m), dépôts glaciaires rissiens
figurant sur la carte géologique La Mure, sur une arête où ils n'ont
pu être abandonnés que par le glacier de vallée.
2- Le site de La Montagne (site BD 11, altitude 1800 m), qui indique une surface
de glacier voisine de 1900 m.
3- La moraine de Plancol (site BD 12, altitude 1920 m) donnée comme post-würmienne
par la carte géologique La Mure, mais que sa colonisation parfaite
par la végétation nous incite à dater plutôt du Riss ou, selon la remarque faite précédemment,
d'un Würm très ancien. La forme rectiligne de cette moraine, située au
col même, plaide pour une formation commune aux deux glaciers qui
s'y affrontaient : celui du Grand Armet, en route vers la Roizonne et le Drac et celui du Rochail.
4- Le rebord d'auge situé sous les Mayes (rive gauche de la Lignarre, site BD 14, altitude 1820, soit
une surface de glacier proche de 1920 m).
5- Le rebord d'auge BD22, à la cote 1840 m, situé sur l'épaule de
l'arête nord-ouest de la Tête de Louis XVI. Au dessus de ce rebord s'étend, sur 200 m une
épaule pratiquement horizontale, à 1844 m.
Ceci met la surface du glacier à cet endroit à 1940 m environ.
La prise en considération de ces sites conduit à une altitude de surface
du glacier du maximum voisine de 1920 m dans les parages du col d'Ornon.
Rapproché de la valeur 1850 m au-dessus du Bourg d'Oisans, ce chiffre permet de penser que
le glacier ouest du Rochail jouait ici, à cette époque,
un rôle prépondérant. Parvenu dans la vallée de la Malsanne, il envoyait bien une partie de
ses glaces rejoindre, par le Valbonnais, le glacier du Drac mais une autre partie s'écoulait,
par le col d'Ornon et la Lignarre, vers la Romanche.
Il existait donc alors, à 1920 m environ, une selle
glaciaire au dessus de Chantelouve.
A la décrue glaciaire, par contre, la faible altitude du Rochail ne devait pas permettre le maintien
de cette situation et le col d'Ornon devait laisser passer une diffluence
dans le sens nord-sud, de la Romanche vers le Drac, ce qui était également le cas
pendant le Würm [G.Monjuvent 1978].
À l'appui de cette thése on notera que le profil en long des vallées,
supposées débarrassées de leur remplissage post-würmien
- bien que la position exacte du "vrai" col d'Ornon sous ce remplissage ne soit pas
connue - montre une pente sensiblement égale des deux versants du
col et non un profil classique dissymétrique
de diffluence.
Les travaux de terrassement de la piste de ski du col d'Ornon ont mis à jour de nombreux éléments
de granite, bien entendu allochtone.
Ces dépôts culminent à l'altitude de 1650 m (site BD23). À proximité
immédiate, le versant ouest de la montagne montre, à 1630 m environ,
une ébauche de terrasse au-dessus de laquelle la pente se relève nettement.
Nous voyons ici l'oeuvre du glacier würmien de la Romanche, diffluant par le col d'Ornon.L'altitude est en effet tout à
fait compatible avec celle de ce glacier au-dessus de Bourg d'Oisans, de l'ordre de 1780 m( voir graphique
à la page Vallée de
la Romanche).
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