ALTITUDE
DE SURFACE DES GLACIERS
DU MASSIF DU MONT BLANC
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AU WÜRM .....
En ce qui concerne ce massif,
nous ne pouvons faire mieux que de renvoyer le lecteur à la carte remarquable
que nous devons à l'amabilité de Sylvain Couterand
et qui montre l'extension des glaciers au LGM
(Last Glacial Maximum), c'est-à-dire au maximum
du Würm.
Chacun connaît le tracé actuel de la surface de la Mer
de Glace, avec ses pentes variés, peu inclinées parfois, beaucoup plus
raides dans la zone des séracs du Géant. Des
études récentes, prenant en compte les trimlines
sur les flancs de la vallée, ont montré qu'au pléniglaciaire du Würm,
la pente était continue depuis le pied du Gros Rognon
jusqu'à la vallée de Chamonix, où le glacier
s'élevait à 2250/2300 m sous l'Aiguille à Bochard.
Cette constatation rejoint une remarque que nous avons faite pour les glacier
de l'Isère et de la Romanche
: dans le haut des vallées, la surface des glaciers würmiens
se raccorde à celle des glaciers actuels vers 3100 à 3200 m d'altitude. L'englacement
de la très haute montagne a peu varié depuis cette époque.
..... ET AU MEG (Riss)
Des observations faites par Sylvain Couterand
ainsi que des études sur cartes que nous venons de terminer fournissent des
valeurs d'altitude très homogénes du glacier du MEG
dans les environs de Martigny :
- 2190 m à 9 km en amont du coude de Martigny
- 2180 m à ce coude
- 2130 m à 4 km en aval du coude
- 1970 m à 9 km en aval du coude (soit 4 km en amont du verrou
de St Maurice).
Le raccordement de cette surface avec celle admise à l'heure actuelle pour
le glacier à son arrivée dans la cuvette lémanique - sous réserve de confirmation
par des études en cours par des chercheurs suisses - conduit à attribuer une
pente de surface assez soutenue dans les environs du verrou
de St Maurice.
Bien que la largeur de la vallée soit toujours supérieure à 5 km, le fait
n'est pas vraîment surprenant. Le sommet actuel
du verrou cote en effet 531 m - et sans doute beaucoup plus encore au MEG
- alors qu'à l'amont comme à l'aval, l'auge glaciaire s'enfonce à plusieurs
centaines de mêtres sous le niveau de la mer.
Le verrou constituait donc un obstacle gigantesque, créateur d'une importante
perte de charge dans l'écoulement de la glace, d'où la pente impotante
du glacier.