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Le col de Merdaret est un large passage ouvert dans l'arête qui descend du massif des Sept Laux vers le nord en direction d'Allevard (Isère) et qui sépare donc la vallée de l'Isère - le Grésivaudan - de son affluent le Bréda, issu du massif des Sept Laux. |
SITES
CARACTÉRISTIQUES PROCHES DU
COL DE MERDARET
(Extrait
des tableaux des sites des affluents de l'Isère (repérés IA)
Rep |
Site |
Alt (m) |
Alt glac (m) |
Type |
Nb |
Larg (km) |
Pente (%) |
Dist (km) |
Carte
TOP25 |
Carte géol |
Coordonnées
WGS84 |
IA15 |
Crêt du Bœuf |
1820 |
1940 |
RA |
- |
- |
- |
90 |
3433OT |
Doméne |
32T 268800 5018400 |
IA16 |
Montagne
des Fanges |
1910 |
1960 |
SE |
- |
- |
- |
92 |
3433OT |
Doméne |
32T 267700 5017700 |
IA18 |
Mgne
des Fanges |
1970 |
1970 |
D |
- |
- |
- |
92 |
3433ET |
La
Rochette |
32T 267470 5017400 |
IA19 |
Verrou
sous Chalet Merdaret |
1719 |
1769 |
RM |
- |
- |
- |
63 |
3433OT |
Doméne |
32T 267500 5018900 |
IA20 |
Moraine
sous Chalet Merdaret |
1730 |
1730 |
D |
- |
- |
- |
63 |
3433OT |
Doméne |
32T 267200 5018550 |
Signalons que les sites IA16 et IA18 sont portés par l'arête qui sépare la vallée de l'Isère de celle du Brèda ; ils ne sont donc pas caractéristiques de ces vallées elles-mêmes, mais de la diffluence qui franchissait le col de Merdaret.

A ces sites caractéristiques classiques, il convient d'ajouter d'autres formes
de relief assez inhabituelles et qui seront illustrées plus loin par des photos
: nous parlons des broues (
banquettes doucement inclinées), mais surtout des
ravines qui entaillent le versant ouest du
col.
Ces ravines se révèlent particulièrement intéressantes, car, ainsi que nous
le verrons plus loin, leur étude permet de répondre à une question d'intérêt
général : « en dessous de quelle altitude les glaciers
würmiens étaient-ils soumis à la fusion ? ».
Pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur à la page consacréée à ces ravines
Quelles étaient les altitudes de surface des glaciers würmien et rissien dans le Grésivaudan. ?
Si nous cherchons à déterminer celle de l'appareil würmien de l'Isère par le travers du col
de Merdaret - qui se situe à 63 km du vallum terminal würmien en suivant le talweg de l'Isère - le calcul, parfaitement
applicable ici vu la grande largeur des vallées - fournit une valeur de 1322
m environ (vérification possible ici).
A des altitudes de cet ordre, aucune forme imputable aux actions glaciaires
n'est visible dans le paysage. Les sites caractéristiques figurant sur le tableau
se trouvent 500 m plus haut !
Au Riss, le glacier de l'Isère,
à 79 km de son vallum terminal, qui se situait 16 km en aval de son homologue würmien, s'élevait ici à 1510 m soit 190 m plus
haut que celui-ci (on pourra le vérifier ici).
Mais on est encore loin des altitudes des sites du Merdaret,
toutes supérieures à 1700 m !
Les formes de relief glaciaire dans le voisinage du col (voir tableau précédent) ne peuvent donc être
imputées à l'action des glaciers würmien ou rissien de l'Isère.
Leur existence s'explique toutefois très facilement si l'on fait intervenir
une diffluence du glacier du Haut-Bréda par-dessus l'arête du Grand Rocher qui le séparait
du Grésivaudan.
Le niveau des glaces versant Bréda était en effet
très supérieur à celui atteint dans la vallée de l'Isère.
Pour le voir, plaçons-nous au Würm, puisque la
carte géologique au 1/50 000 Doméne donne pour würmiens les dépôts glaciaires de cette zone.
La distance du col de Merdaret au vallum
terminal würmien du glacier de l'Isère en
suivant le Grésivaudan est, nous l'avons
dit, de 63 km, alors qu'elle est de 91 km en empruntant le versant Bréda,
compte tenu du long détour que le glacier effectuait par Allevard.
A cette distance de son vallum terminal, le calcul indique que le glacier würmien du Bréda se serait élevé ici à 1550 m si
la formule était applicable dans la vallée du Bréda.
Mais ce n'est pas le cas, du fait de sa faible largeur, bien inférieure à la
valeur de 4 km au-delà duquel la formule est utilisable.
De plus, on est ici aux limites de la haute montagne, déjà dans le domaine des glaciers de cirque, en l'occurrence celui du Pleynet et ces glaciers présentent toujours, on le sait, une pente beaucoup plus accusée
que les grands appareils de vallée.
Quelle pouvait donc être l'altitude de surface du glacier würmien à cet endroit ? C'est l'examen du relief et des dépôts environnants qui va nous
fournir la réponse.
Le sommet d'épaulement IA16, à 1910 m indique une altitude de glacier de 1960 m.
En confirmation, les dépôts glaciaires les plus élevés de l'arête
nord-est de la Montagne des Fanges (IA18) cotent 1970
m.
L'homogéneité de ces résultats est remarquable. Mais sont-ils bien dûs au glacier wûrmien ?
Certe, les dépôts sont attribués au Würm par la carte géologique. Mais alors où sont les traces du passage du Riss, qui se situait plus haut encore ?
Le sommet d'épaulement IA15, à 1820 m, bien formé, indique que le glacier du Brèda a stationné ici à une altitude voisine de 1870 m. N'est-ce pas pendant le Würm, le Riss se tenant vers 1970 m, 100 m plus haut ? Dans cette hypothèse, le glacier würmien aurait surpassé le col d'une cinquantaine de mètres seulement.
Quoiqu'il en soit, il est certain qu'aux pléniglaciaires du Riss et du Wûrm, le glacier du Haut
Bréda envoyait, en direction du Grésivaudan,
par le col de Merdaret, une diffluence culminant au maximum à 1970 m environ au Riss et donc épaisse alors de 170 m sur le col.
_______________________________________________
Le schéma suivant montre la position du front de la diffluence au pléniglaciaire würmien, lors de la formation des broues
Cette diffluence a laissé des traces dans le vallon
qui constitue le versant ouest du col de Merdaret.
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Ce vallon est barré par un verrou rocheux
s'élevant à 1719 m (IA 19), à l'amont duquel s'étend la prairie -
un ancien lac comblé - sur laquelle sont construits les chalets du Merdaret.
On remarque également que l'un des versants porte trois banquettes inclinées, que nous avons appelées des broues. |
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Le verrou rocheux est couvert de roches moutonnées.......................................................... |
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Voici l'une de ces ravines, qui sont au
nombre d'une demi-douzaine au total. ........................... |
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Les trois ravines les plus septentrionales
de la série sont repérées 1 à 3 sur la photo ci-contre et sur la carte
ci-dessous. Elles prennent naissance à 1800 m d'altitude, au bord d'un "replat inférieur", ancien lac comblé. Leur section en V permet de leur attribuer avec certitude une origine torrentielle. Or, elles ne sont pas dominées par un bassin d'alimentation de taille suffisante pour avoir collecté un débit d'eaux météoriques appréciable. De plus, les eaux météoriques provenant des pentes qui dominent le replat inférieur sont arrétées par un "replat supérieur" d'où elles s'écoulent selon les flèches bleues, dans un petit vallon 5, vers la vallée du Bréda . La formation de ces ravines nous paraît donc imputable à l'action des eaux de fonte de la langue terminale de la diffluence. Les eaux glaciaires du glacier du Haut Brèda, qui circulaient 100 à 150 m sous sa surface et qui empruntaient le col ont pu également jouer un rôle importante |
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Vue
de plus près, voici cette ravine 4. Elle prend naissance vers 1880 m, sous l'arête de la Montagne des Fanges. Il s'agit, là aussi, d'une vallée sèche, de taille un peu plus importante que les précédentes, sans doute parce qu'elle n'a pas bénéficié de la protection offerte par le replat supérieur et qu'elle a été empruntée par la totalité des eaux provenant de la fonte de la glace franchissant l'épaule de la Montagne des Fanges. |
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Il nous semble alors possible d'envisager le film des événements suivant
: Au pléniglaciaire würmien, nous l'avons dit, le glacier du Haut Bréda (glacier du Pleynet) envoie, par le col de Merdaret, une diffluence qui dévale la pente versant Grésivaudan, au nord de la portion représentée par la carte ci-contre. La surface du glacier s'élève ici à 1970 m environ. Au cours de la phase suivante, où le début de la décrue glaciaire abaisse la surface de la glace, les eaux de fonte latérales gauches de la diffluence creusent la ravine 4. Puis la glace s'abaisse à 1850 m environ et le front de la diffluence stagne un moment au niveau du replat inférieur. C'est alors que l'écoulement des eaux de fonte de la langue termnale de la diffluence creuse les ravines 1 à 3, cependant que s'assèche la ravine 4. C'est cette position du glacier qui est représentée sur le croquis ci-contre. Puis le glacier s'abaisse encore, les eaux empruntent alors le ravin 5 qui leur fait rejoindre la vallée du Bréda. Enfin, la diffluence a totalement cessé lorsque le niveau de la glace s' est abaissé en dessous de 1800 m (altitude du col), fossilisant ainsi les ravines dans l'état où nous les trouvons à l'heure actuelle. |
Cette région du col de Merdaret présente encore un autre intérêt.
Car, sur ce même versant ouest du col, existent en effet quatre autres épaulements, à des
altitudes très supérieures à celle du glacier rissien du Grésivaudan. Les voici :
Rep |
Site |
Alt (m) |
Alt glac (m) |
Type |
Nb |
Larg (km) |
Pente (%) |
Dist (km) |
Carte
TOP25 |
Carte géol |
Coordonnées
WGS84 |
I12 |
Butte
de Pipay |
1770 |
1820 |
SE |
- |
- |
- |
62 |
3433OT |
Doméne |
32T |
I15 |
Les
Plagnes |
1830 |
1880 |
SE |
- |
- |
- |
62,5 |
3433OT |
Doméne |
32T 267100 5017500 |
I16 |
Rocher
Monteynard |
1814 |
1860 |
SE |
- |
- |
- |
63 |
3433OT |
Doméne |
32T 267000 5018700 |
I17 |
Le
Cul de Pet |
1837 |
1890 |
SE |
- |
- |
- |
64 |
3433OT |
Doméne |
32T 267800 5019900 |
![]() |
Voici
par exemple l'épaulement de la Butte
de Pipay, presque horizontal à Dans l'axe de l'épaulement, on ditingue Chamechaude et, plus à droite, la Dent de Crolles, deux sommets du massif de la Chartreuse. |
|
CONCLUSION |