ALTITUDE DE SURFACE DES GLACIERS

DES PREALPES DU NORD
88

Les massifs subalpins sont qualifiés de Préalpes par les géographes.
Pour les géologues ce terme de Préalpes a un autre sens, plus restreint : il s'applique à des massifs comme le Chablais, qui sont certes en position externe mais dont une grande partie des roches proviennent des zones les plus internes et ont été transportées (par "charriage") sur des distances de plusieurs dizaines (voire centaines) de kilomètres (Maurice Gidon).

Nous emploierons toutefois ici la terminologie des géographes, plus habituelle,
en priant nos lecteurs géologues de bien vouloir nous pardonner !

Effet des mouvements orogéniques et isostasiques

MASSIF DE LA CHARTREUSE

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Nous n'avons étudié le tracé des glaciers chartroussins que dans la partie sud du massif (voir la page Les enseignements du Néron). Nous parlerons donc principalement de son pourtour.

Le rebord est du massif de la Chartreuse domine le Grésivaudan par une formidable muraille rocheuse urgonienne, qui ne s'abaisse quelque peu qu'aux environs de Grenoble, où elle est relayée par la barre tithonique.
Cette muraille n'est interrompue que par quelques rares cols qui permettent l'accès à l'intérieur du massif (excepté celui de la Faîta, que n'emprunte ni route ni sentier). Du sud au nord, ce sont les cols de Vence, de la Faîta, du Coq, des Ayes, de l'Alpe, de l'Alpette et enfin, dominant Chambéry, celui du Granier.

Ces passages ont-ils été empruntés par les glaces lors des deux dernières glaciations ? L'examen du graphique d'altitude du glacier de l'Isère - ou mieux encore, le calcul à l'aide de la formule - permet de répond à cette question.


Col

Altitude

(m)

Distance au vallum würmien

(km)

Altitude calculée du glacier würmien (m)

Distance au vallum

rissien

(km)

Altitude calculée du glacier

rissien (m)

Col de Vence

781

46

1159

62

1363

Col de la Faîta

1430

54

1239

70

1433

Col du Coq

1434

56

1258

72

1450

Col de l’Alpe

1793

73

1408

89

1584

Col de l’Alpette

1547

78

1448

94

1621

Col du Granier

1134

80 environ

1465 environ

96 environ

1636 environ


On peut tirer de ce tableau les conclusions suivantes :

-- le col de Vence a été franchi, à chaque glaciation, sous une épaisseur très importante de glace.
-- le col de la Faîta n'a pas été franchi durant le Würm, mais les glaces rissiennes sont arrivés sensiblement à son niveau. La précision de la méthode ne permet pas d'en dire plus, mais l'absence de ravin sur le versant opposé du col laisse penser qu'il n'a pas été franchi.
-- de la même manière, on ne peut conclure de manière certaine en ce qui concerne le col du Coq, mais ici, les glaces ont pu déborder légèrement le col, les eaux s'écoulant alors dans le ravin de la Rajas.
-- le col de l'Alpe n'a été franchi pendant aucune des deux glaciations
-- le col de l'Alpette (1547 mètres) se prolonge, sur plus d'un kilomètre vers le nord-est par un vallon en pente douce, dominé au nord par la falaise qui supporte le Mont Granier.
Ce vallon se termine, côté Grésivaudan, à la cote 1500 environ.
Il nous semble probable, sur la base des chiffres ci-dessus, que, alors que le glacier würmien n'a pas atteint ce vallon, l'appareil rissien a dû en envahir le début, sans peut-être parvenir jusqu'au col de l'Alpette lui-même.
-- le col du Granier a été franchi lors des deux derniéres glaciations.
Notons au passage que, tant au Würm qu'au Riss, il est très probable que les glaces s'écoulaient, tout au moins aux maximums des glaciations, de l'Isère vers le Rhône.

On pourra le vérifier à la page Autres versants d'érosion glaciaires, .

En ce qui concerne ce dernier col du Granier, on peut d'ailleurs trouver une confirmation sur la Roche du Guet (1209 mètres), au nord de Monmélian, qui présente des roches moutonnées et un abrupt d'arrachement, témoins du passage récent d'un glacier.

Le niveau de celui-ci était donc supérieur à 1209 + 50 = 1260 mètres (il s'agit là d'une valeur minimum, puisque les observations se situent à un sommet).
La prise en compte de cette dernière valeur montre que le glacier montait suffisamment haut pour franchir le col du Granier.

Des études en cours, utilisant, elles, les dépôts glaciaires à l'intérieur du massif de la Chartreuse, permettront, nous l'espérons, de confirmer les résultats tirés de l'application de la formule.



MASSIF DES BAUGES
   
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SITES CARACTERISTIQUES DU MASSIF DES BAUGES

Rep
Site
Type

Alt

(m)

Alt

Glac

(m)

Nb

Larg

(km)

Pente

%

Dist

(km)

Carte

Top25

Carte

géologique

Coord

WGS 84

B1
Col de Bornette
SD
1330
1380
3
0,5
Hor
-
3432OT
Ugine
32T
280600
5068600
B2
Crêt du Char
SD
1440
1490
3
0,5
Hor
-
3432OT
Ugine
32T
280400
5068650
B3
Arête S du Roc des Boeufs
Ep
1432
1482
-
-
-
-
3432OT
Ugine
32T
279600
5069600
B4
Col de la Frasse
D
1410
1410
-
-
-
-
3432OT
Ugine
32T
280200
5070300
B5

Sommet 1434 sur 

Creux de Lachat

D
1434
1434
-
-
-
-
3432OT
Ugine
32T
269300
5068100
B6
Col de la Platte
SD
1340
1340
3
0,5
Hor
-
3431OT
Rumilly
32T
269600
5064900

ALTITUDE ATTEINTE PAR LES GLACIERS
DANS LE MASSIF DES BAUGES

 

Étant donnée leur altitude relativement faible (1330 m), les sillons vallonnés du col de Bornette (site B1, ici vu du Crêt du Char) datent d'un stade de retrait et ne peuvent donc nous renseigner sur l'altitude maximum atteinte par le glacier.

Le Crêt du Char (site B2) est une épaule qui, sur une longueur de 500 mètres, cote 1450 m à plus ou moins 10 m près et qui porte de courts sillons vallonnés.
Sur son versant ouest, des sillons de pente indiquent un mouvement de la glace d'est en ouest.
On peut en déduire une altitude minimum de glacier voisine de 1500 m.

L'arête sud du Roc des Boeufs (site B3, ici vue du Crêt du Char) porte deux épaulements, l'un cotant 1432 m, l'autre 1500 m, d'où une altitude du glacier du maximum voisine de 1550 m.

Enfin, les banquettes qui courent le long des flancs est et ouest du col de la Frasse (site B4) fournissent une cote de surface du glacier de 1410 m, valeur également minimum car, au-dessus de cette altitude, les pentes sont trop soutenues pour que des dépôts aient pu subsister.
La fraîcheur des formes de ces banquettes montre d'ailleurs qu'elles datent du Würm.

Il est donc possible de conclure que, dans ces sites dominant Bellecombe-en-Bauges, les glaciers ont atteint une altitude maximum de 1550 mètres environ.

Le dernier site caractéristique identifié dans ce massif est celui du Creux de Lachat (B5) (Montagne des Banges, au-dessus de Montagny).
Ici, sur une éminence (1420 m) qui domine au nord-est le Creux, des sillons vallonnés et des dépôts montrent que le glacier a atteint ici au minimum 1470 m d'altitude.
Cette altitude a pu être dépassée, car ces sillons se situent au sommet même de l'éminence.


MASSIFS DES BORNES ET DES ARAVIS


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SITES CARACTERISTIQUES DU MASSIF BORNES-ARAVIS

Rep
Site
Type

Alt

(m)

Alt

Glac

(m)

Nb

Larg

(km)

Pente

%

Dist

(km)

Carte

Top25

Carte

géologique

Coord

WGS 84

BA1
Col des Annes
SVD
1800
1850
-
-
-
-
3430ET
Cluses
32T
308100
5093100
BA2
Vallon de Montarquis
Mor
1850
1850
3
-
-
-
3430ET
Bonneville
32T
305600
5097880
BA3
Croix Floria
SVE
1770
1820
3
0,2
Hor
-
3430ET
Bonneville
32T
304000
5093300
BA4
Col de Colomban
S
1685
1735
3
0,1
Hor
-
3430ET
Ugine
32T
296700
5084550
BA5
Crête des Frétes
Rav
1730
1730
-
-
-
-
3430ET
Ugine
32T
296900
5084300
BA6
Lachat
RM
1630
1680
-
-
-
-
3430ET
Ugine
32T
297200
5084900
BA7
Les Vaunessins
SV
1620
1670
3
0,15
Hor
-
3430ET
Ugine
2T
297700
5085400
BA8
Tête de Cabeau
SV
1650
1700
-
0,4

Hor
-
3531OT
Ugine
32T
299000
5082600
BA9
Col de Cenise
D
1750
1750
-
-
-
-
3430ET
Bonneville
32T
302500
5099000
BA10
Col sud de l'Aulp
SV
1420
1470
3
0,2
Hor
-
3431OT
Annecy-
Ugine
32T
287600
5078800
BA11
Col nord de l'Aulp
SV
1460
1510
5
0,2
-
3431OT
Annecy-
Ugine
32T
287600
5079000
BA12
Col des Nantets
SV
1440
1490
4
0,2
Hor
-
3431OT
Annecy-
Ugine
32T
287700
5080100


SITES CARACTERISTIQUES DU MASSIF BORNES - ARAVIS, en particulier les laquets du col de Cenise


ALTITUDE ATTEINTE PAR LES GLACIERS

DANS LE MASSIF BORNES-ARAVIS


L'étude des sites BA1, BA2 et BA9 montre que la surface des glaces, au-dessus des trois cols des Annes, de la Colombière et de Cenise, se situait aux environs de 1850 mètres. Le glacier de l'Arve, parvenu à Cluses, émettait donc par ces cols, des diffluences en direction du Grand Bornand et du Petit Bornand, à l'intérieur du massif.

Cette valeur ne reflète toutefois pas exactement l'altitude du glacier de l'Arve lui-même, car il faut tenir compte de la présence de glaciers locaux accrochés aux flancs de la Pointe d'Areu et de la chaîne du Bargy.

De même, mais cette fois à l'extrémité opposée du massif, le glacier qui descendait le Val d'Arly et qui provenait lui-même d'une diffluence du glacier de l'Arve au-dessus de Megève diffluait par le col des Aravis en direction de l'intérieur du massif.
La cote exacte des glaces au-dessus de ce dernier col nous est inconnue, mais les sites BA4 à 8 nous indiquent une altitude de l'ordre de 1700 mètres dans les environs de la Clusaz.
Entre les deux, le site BA3 nous fournit une cote intermédiaire de 1830 mètres près du Chinaillon.

Cette dernière valeur est confirmée par l'existence du seuil de la Clef des Annes.
Ce large col, situé légèrement au sud-ouest du col des Annes, est en effet horizontal, à plus ou moins 20 mètres près, sur 1200 mètres de longueur, ce qui permet de le considérer comme un seuil glaciaire. Son altitude est de 1750 mètres, la surface du glacier se situant nettement plus haut.

Ces valeurs reflètent, selon nous, l'altitude de surface des glaciers rissiens.

___________________________________________________________________

A l'autre extrémité du massif, les environs de la Tournette


MASSIF DU CHABLAIS

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